Caroline & l’atelier de couture

Les arbres en fleur du petit triangle de la Rue de l’Arbre Bénit, voilà la première image qui se grave dans la mémoire de Caroline lorsqu’elle arrive à Ixelles. Entretemps, 10 années se sont écoulées et cette française d’origine est toujours restée dans la commune d’Ixelles – plutôt par hasard, nous confie-t-elle. Illustratrice de formation, elle a vite découvert une passion pour le travail avec les enfants. Après avoir donné des cours de dessin pour les plus petits, elle s’est tournée vers la couture – jusqu’au moment où, il y a 6 ans, elle a pris le pas d’ouvrir son propre atelier de couture au cœur d’Ixelles. Au début, l’idée de base avait été de cibler les jeunes mamans qui venaient aux cours pour confectionner de petits projets pour leur bébé, tout en organisant également des cours pour les enfants, mais depuis, la situation a changé.

C’est l’envie de créer des vêtements de ses propres mains, de se vider la tête en suivant des patrons de couture et de coudre qui attire toujours plus de personnes différentes à l’atelier de couture, cinq soirées par semaine. Enfants, ados et adultes créent leurs propres vêtements, guidés par la patience et les conseils attentionnés de Caroline. Quelqu’un avait peut-être déjà appris la couture à un moment et souhaitait progresser, d’autres avaient peut-être une mère ou une grand-mère couturière et souhaitaient découvrir elles-mêmes le métier et la passion.

Est-ce que les personnes qui se rendent à son atelier près de Fernand Coq sont majoritairement Ixelloises ? Non, nous répond Caroline, ces couturières en herbe viennent de tout Bruxelles, vu que la promotion et la communication passe plutôt par internet. Nous profitons de la soirée pour échanger entre nous des conseils et avis sur le quartier (sur les magasins de tissus, bien sûr, mais aussi sur le quartier en général – ce qui laisse place à une discussion vivante et animée). Ses lieux favoris à Ixelles ? L’Epicerie, avec son gérant toujours souriant, calme, et son ambiance venue d’un autre temps. Le Bois de la Cambre, l’Ultime Atome le matin avec son offre de magazines et journaux. Pour les enfants, la Bibliothèque Mercelis qui propose de chouettes événements, toujours liés à la littérature. Ou encore le petit salon de coiffure Moods, qu’une jeune femme mène toute seule avec beaucoup de passion, nous explique-t-elle.

bandeau lavalliere fb

Ce sont les personnes qui se cachent derrière ces lieux et leur histoire qui attirent l’attention de Caroline. Elle apprécie le fait de connaître les habitants de sa rue – la chanteuse de la maison d’en face, le peintre du bout de la rue… C’est ça qu’elle aime dans le quartier, le bon voisinage, le fait qu’on s’invite à des repas en commun, que les gens s’arrêtent dans la rue pour échanger quelques mots. Et si elle pouvait changer quelque chose, ici, à Ixelles, qu’est-ce que ça serait ? Elle réfléchit… Ses deux petits enfants lui viennent premièrement à l’esprit : fermer une partie de sa rue afin qu’eux et les enfants du voisinage puissent jouer et faire du skate librement. Elle n’apprécie pas vraiment la présence de la voiture en ville, et se déplacer à vélo devient toujours plus dangereux avec des enfants, alors pourquoi ne pas privilégier davantage la circulation à vélo ? Que donnera la zone piétonne dans la Chaussée d’Ixelles ?

En tant que couturière, elle aimait également beaucoup les anciennes Midinettes, les cafés-couture, qui ont disparu. Nous parlons aussi de la nécessité d’un nouveau lieu partagé où les gens pourraient acquérir les compétences nécessaires à la réparation de leurs outils et machines. On lui a parlé d’un camion mobile, le Couture-Truck, avec des machines à coudre qui se déplace dans les quartiers dans lequel on peut réparer des petites choses – une initiative à suivre.

Au final, Caroline ne s’est pas trop éloignée du petit triangle, de ses fleurs et des arbres colorés, mais en même temps, ses ateliers de couture attirent des gens de partout à Ixelles. Avant de nous laisser, elle nous confie aussi que sa première passion, l’illustration, la séduit de nouveau – nous pouvons d’ailleurs en observer les premières traces dans plusieurs vitrines et magasins du quartier, dont la vitrine Bernina.

Et au vu de son ancrage dans le quartier, nous, avec Pixels, étions encore plus contents de lui avoir fait découvrir un nouveau lieu : Le café-coopérative la Contrebande, où notre conversation a eu lieu…

 

carte2

Images: © Caroline H.

 

 

Leave a Reply