Fleurs Charles

Si vous croisez plusieurs fois Charles au comptoir de son magasin, en remontant la rue du Collège vers la place Fernand Coq, il finira par vous saluer d’un ton familier « Salut jeune fille, ça va ? Bonne journée ! ». Un ton familier qui trahit sa popularité au sein de ce petit quartier et qui ne peut qu’attiser votre curiosité.

Nous décidons de passer le pas de sa porte pour le rencontrer. Très sobrement nommé « Fleurs Charles », son petit magasin regorge de belles pousses mais aussi de souvenirs en tout genre. Photographies, médailles et autres vous indiquent l’attachement de Charles à son magasin, mais aussi au petit village que représente le quartier à ses yeux. « Ici, c’est comme un petit village, tout le monde se connaît et se rend service ».

Le questionnant sur son parcours, Charles nous raconte ses quarante années de commerce à Ixelles. D’abord situé Chaussée de Wavre, il déménage rue du Collège vers la fin des années nonantes suite à la diminution de sa clientèle, conséquence selon lui du sentiment d’insécurité croissant au sein du quartier Matongé.

Charles poursuit « Malgré tout, le commerce n’est plus le même, les habitudes des gens ont changé. Avant ils achetaient des fleurs pour aller rendre visite à quelqu’un ou aller restaurant, il y avait la fête des secrétaires et tous les bureaux venaient acheter des fleurs, mais les fleurs ont été la première économie par temps de crise et l’euro n’a pas aidé, tout a augmenté ».

Une voisine rentre dans le magasin pendant que nous discutons avec Charles de l’évolution de son commerce. Elle se présente à nous ; « Je suis Daisy du numéro 38 ! Je connais Charles depuis la chaussée de Wavre et je fréquente ce quartier depuis 1984 ». Tout de suite, Charles la taquine et nous assistons à une attachante chamaillerie amicale.

A la question « comment voyez-vous l’évolution du quartier ?», tous deux répondent, souriants et optimistes, qu’ils comptent bien résister aux deux ans de travaux entamés sur la chaussée d’Ixelles en espérant que le résultat soit à la hauteur de leur souhait pour leur quartier « qu’il reste beau et plaisant à vivre ».

 

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